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Ariès, Philippe (1914-1984)

  • identifiant

    ISNI 0000 0001 0868 3924

  • Description

  • Dates d'existence

    1914-1984
  • Présentation

    Philippe Ariès, né à Blois le 21 juillet 1914 et mort à Toulouse le 9 février 1984, est un journaliste, essayiste et historien français. Il est connu pour ses deux études : L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime et L'Homme devant la mort. Héritier de l'école des Annales, il est considéré comme un pionnier de l'histoire des mentalités.

    Philippe Ariès grandit dans une famille créole catholique et royaliste. Il étudie chez les jésuites de Saint-Louis-de-Gonzague puis au lycée Janson-de-Sailly et milite quelque temps au sein des « Lycéens et collégiens de l'Action française ». Il écrit notamment dans L'Étudiant français, magazine des étudiants de l'Action française, auquel participent également Claude Roy, Raoul Girardet, Robert Brasillach, Pierre Gaxotte, Jacques Laurent ou encore Pierre Boutang.

    Sans renier son amitié pour ses compagnons de plume, il s'éloigne progressivement du milieu de l'Action française qu'il juge « nationaliste autoritaire » alors que lui se définit comme « traditionaliste » et sensible au « modèle anarchique et royal du XVIe siècle » (Un historien du dimanche).

    Après deux échecs successifs à l'oral de l'agrégation d'histoire, il entre à l'Institut des fruits et agrumes coloniaux en 1943. Chef du service de documentation, il s'occupe, selon ses propres mots, « d'importation de fruits tropicaux » et se distingue, dans ce poste qu'il quitte en 1979, en développant des techniques de documentation avec un sens évident de l'innovation technique, notamment en prônant un usage pionnier en France du microfilm (1956) et de l'informatique (1965). Durant cette période, il est également directeur de collection aux éditions Plon.

    En parallèle de ces occupations professionnelles, Ariès, que son origine familiale aurait pu pousser à suivre la voie d'un Jacques Bainville ou d'un Pierre Gaxotte et publier des études « grand public », choisit un tout autre chemin. L'inspiration qui sous-tend ses recherches se rattache incontestablement à l'École des Annales, milieu pourtant dominé par la tradition laïque et républicaine.

    Dès 1948, dans l'anonymat le plus complet, il publie sa première étude, L'Histoire des populations françaises et leurs attitudes devant la vie depuis le XVIIIe siècle qui marque, en dépit de ses insuffisances statistiques, la naissance des recherches de démographie historique débouchant sur une tentative d'analyse des mentalités des anciennes sociétés.

    Grâce à son ami, Orest Ranum, il est admis, à Washington, pendant six mois au Woodrow Wilson International Center for Scholars, qui lui offre de confortables conditions de travail.

    Philippe Ariès devra attendre l'âge de soixante-quatre ans pour obtenir une reconnaissance de son statut d'historien par le milieu universitaire français, avec son élection en 1978 à l'EHESS en tant que directeur d'études, sans pouvoir enseigner plus d'une année, puisqu'il atteignait l'âge de la retraite.

    Il publie en 1977 son dernier grand livre, L'Homme devant la mort, œuvre longuement mûrie en pleine effervescence d'histoire tératologique. Ce livre, considéré comme un chef d’œuvre par ses pairs, accélère l’intégration de Philippe Ariès parmi la communauté historienne, lui qui fut si longtemps perçu, comme un « historien du dimanche » pour reprendre les termes de l’ouvrage entretien qu’il rédigea, en 1981, avec Michel Winock. Pleinement adopté, sur le tard, par les « nouveaux historiens » (Le Goff, le Roy Ladurie, G. Duby, Michel Vovelle) à la suite des problématiques des Annales autour de l’histoire des mentalités,Ariès enjambe les frontières chronologiques pour tenter de saisir les attitudes occidentales devant la mort, de la fin du monde romain au XIXe siècle.

    En février 1979, il fait partie des 34 signataires de la déclaration rédigée par Léon Poliakov et Pierre Vidal-Naquet pour démonter la rhétorique négationniste de Robert Faurisson.

  • Fonctions et activités

    Chercheur
  • Formation
    Responsabilités éditoriales dans des comités éditoriaux
    Valorisation et diffusion de la recherche
  • Domaine

    Domaine disciplinaire : SHS6 Mondes anciens et contemporains.

    Sous-domaine disciplinaire : SHS6_1 Histoire.

    Thèmes de recherche : démographie historique, histoire des mentalités, historiographie.

  • Consulter les fonds en lien

  • Sources de la notice

  • Relations avec d'autres entités

  • École des hautes études en sciences sociales (Paris ; 1975-....)
  • Établissement de tutelle

Réalisation : Ligeo Archives