Autres forme(s) autorisée(s) du nom
Bauer, Henry Edmond Georgesidentifiant
ISNI 0000000122834581
DescriptionDates d'existence
1888-1963Présentation
Edmond Bauer, né le 26 octobre 1880 dans le VIIIe arrondissement de Paris et mort le 17 octobre 1963 dans le Ve arrondissement de Paris, est un est un physicien français, officier de la Légion d'honneur. Il figure parmi les rares physiciens qui se sont intéressés aux théories nouvelles de la physique au début du XXe siècle. Il est le fils d'Abraham Albert Bauer et de Irma Meyer. Son père, Albert Bauer, est un négociant et homme d'affaires ayant fondé, avec ses frères, une société d'import-export à San Francisco, avant d'en assurer, depuis la France, la gestion de la branche européenne. Edmond Bauer fait ses études secondaires aux lycées Condorcet et Janson-de-Sailly à Paris. En 1899, il commence sa licence ès sciences, qu'il obtient en 1901. Après l'obtention de celle-ci, il effectue son service militaire avant de préparer l'agrégation. Reçu à l'agrégation de physique en 1904, il enseigne brièvement au lycée Janson-de-Sailly avant de se consacrer à la recherche. Après son agrégation, le père d’Edmond Bauer, qui souhaite qu’il acquière une formation pratique de chimiste, envisage de l’envoyer à l’étranger afin qu’il y complète son apprentissage. Bauer se tourne alors vers Paul Langevin et Jean Perrin afin de déterminer quelle orientation suivre. Il suit les recommandations de Langevin, et rejoint ainsi le laboratoire de Walther Nerst en 1905, d’abord durant l’hiver à Göttingen, puis durant l’été à Berlin. Au cours de ce séjour berlinois, il mène également des recherches dans le laboratoire de Heinrich Rubens. De 1906 à 1909, Bauer est agrégé-préparateur au laboratoire de chimie-physique de la Sorbonne. Il obtient ensuite diverses bourses, notamment la bourse Commercy (1909-1911) et la bourse Carnegie (1911-1913) au laboratoire de Marie Curie. Il devient alors le premier assistant de Jean Perrin et collaborateur de Paul Langevin et de Marie Curie. Sous la direction de Paul Langevin, il mène ses recherches au laboratoire de ce dernier à l’École de physique et chimie industrielles de la Ville de Paris (EPCI) et entreprend une thèse sur le rayonnement des flammes. Bauer obtient le doctorat ès sciences physiques en 1912. Au cours de l'année scolaire 1913-1914, Edmond Bauer assure la suppléance du cours d’acoustique et d’optique à l’École municipale de chimie et de physique industrielles de la Ville de Paris. La Première Guerre mondiale interrompt la carrière scientifique d'Edmond Bauer. Mobilisé comme combattant, Bauer est blessé au début de la guerre à Charleroi, en Belgique, puis capturé par les Allemands. Après trois ans de captivité, il est échangé en juin 1917 via la Suisse, où il séjourne jusqu'en août 1918. Après la Grande Guerre, Edmond Bauer devient chargé de conférences de physique à l’École de Perfectionnement d'Artillerie de Joigny en 1919. La même année, il rejoint Pierre Weiss à la Faculté de physique de l’Université de Strasbourg en qualité de maître de conférences de physique théorique. Il y enseigne notamment la théorie de Lorentz, la théorie quantique, la thermodynamique statistique ainsi que la théorie des quanta. Cependant, l’enseignement de la physique quantique demeure alors encore marginal et suscite de nombreuses réticences. Ses cours consacrés à la théorie de l’atome et à la mécanique statistique n’attirent que peu d’étudiants. À l’inverse, ses enseignements sur la relativité, alors davantage reconnue et en vogue, rencontrent un public plus nombreux. Cette période témoigne ainsi du rôle précoce joué par Bauer parmi les promoteurs de la physique quantique en France. Edmond Bauer assiste à plusieurs Congrès Solvay à partir de 1924 en tant que membre, avant d’y participer comme secrétaire en 1930 et en 1933. En 1928, il est nommé sous-directeur du laboratoire de physique expérimentale du Collège de France, dirigé par Paul Langevin. Pendant l'année scolaire 1932-1933, Edmond Bauer suppléance du cours de Paul Langevin au Collège de France. En 1930, Bauer devient maître de conférences à l’École normale supérieure de jeunes filles (ENSJF), également connue sous le nom d’École de Sèvres. Il donne également une série de conférences à l’Institut Henri-Poincaré (IHP) sur la théorie des groupes, qui donne lieu à la publication d’un ouvrage en 1933, intitulé Introduction à la théorie des groupes et à ses applications à la physique quantique. Dans le contexte des premières persécutions antisémites, Edmond Bauer participe, aux côtes de Louis Rapkine, à la création, en 1936, du Comité français pour l’accueil et l’organisation du travail des savants étrangers, dont il est le trésorier. Le Comité a pour mission d’accueillir les scientifiques fuyant le nazisme en Allemagne et en Autriche, ainsi que les réfugiés antifascistes de la péninsule ibérique. Le comité est hébergé à l’Institut de biologie physico-chimique à Paris. Il a notamment permis le rapatriement de Fritz London. La Seconde Guerre mondiale marque une nouvelle césure dans la carrière d’Edmond Bauer. Révoqué en 1940 à la suite à l'adoption des lois antijuives du gouvernement de Vichy, il se réfugie à Clermont-Ferrand, étant juif, il n'est pas autorisé à franchir la ligne de démarcation. Temporairement affecté à la faculté de Clermont-Ferrand, il est maintenu dans ses fonctions, mais doit désormais résider obligatoirement en zone non occupée. En septembre 1940, Edmond Bauer écrit à ses compères américains pour leur demander de l'aide afin de quitter la France. Henri Laugier et Louis Rapkine rédigent, en collaboration avec les représentants de la Fondation Rockefeller, qui finance l'exil vers les États-Unis de chercheurs en France et en Angleterre et de leurs familles, une liste de scientifiques susceptibles de partir vers les États-Unis. Edmond Bauer fait partie des scientifiques qui refusent la proposition d'exil qui leur est faite. Ce sont ses enfants engagés dans la Résistance, qui le convainquent de rester en France. Il choisit donc de ne pas s'exiler et de demeurer auprès de sa famille malgré les dangers liés à l'Occupation. Après s'être réfugié à Clermont-Ferrand, il rejoint clandestinement la Suisse avec son épouse et sa belle-mère, grâce à l'aide de son fils, Étienne Bauer, qui retourne ensuite en France, pour rejoindre la Résistance. En 1945, Edmond Bauer remplace Louis Dunoyer de Segonzac, après avoir été élu à la chaire chimie-physique de la Faculté des sciences de Paris. Il devient alors directeur du laboratoire de chimie-physique matière et rayonnement, fondé par Jean Perrin à l'Institut Henri Poincaré. Yvette Cauchois succède à Bauer en 1953. Retraité en 1953, il reste toutefois actif dans la recherche jusqu’à sa mort en 1963, continuant à participer aux activités du laboratoire de chimie-physique.
Fonctions et activités
Enseignant-chercheur- Enseignement supérieur
Recherche
Publications scientifiques Domaine
Domaine scientifique : ST Sciences et technologies.
Domaine disciplinaire : ST2 Physique.
Thèmes de recherche : chimie-physique, rayonnement des flammes, théorie des quanta, spectroscopie atomique, rayons X, optique atmosphérique, magnétisme, ferromagnétisme, effet Raman, physique théorique.
Consulter les fonds en lien
Sources de la notice
American Institute of Physics, Niels Bohr Library & Archives, Oral History Interviews (OHI), « Oral History Interview with Edmond H. Bauer, 8 and 14 Jan. 1963 ». Session 1, Session 2.
Bauer Edmond, Notice sur les travaux scientifiques de M. Edmond Bauer. Paris, Impr. Hemmerlé Petit et Cie, 1935.
CAUCHOIS Yvette, « Hommage à Edmond Bauer», in Journal de Chimie Physique, vol.61, 1964, pp. 970–975.
TEMERSON Henri, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1963, Paris, 1968, pp. 23-24.
VILLA-VALLS Adrien, Louis de Broglie et la diffusion de la mécanique quantique en France (1925–1960), thèse de doctorat, Université Claude Bernard – Lyon I, 2012, pp. 180–184.
Relations avec d'autres entités
- Centre Alexandre Koyré (Aubervilliers ; 1958-...)
Le Centre Alexandre Koyré est collecteur du fonds Edmond Bauer.
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