Le fonds est subdivisé en trois parties distinctes : les archives de Gaston Paris, celles de son père, Paulin Paris, qu’il a conservées et quelquefois annotées, et les documents relatifs à la gestion du fonds et de la bibliothèque par l’EPHE.
En 2025, dans le cadre de l’accompagnement du projet « PARES : Gaston Paris, des archives aux réseaux » par l’Humathèque Condorcet, l’expertise d’ Ursula Bähler (Université de Zurich – Romanisches Seminar) et Muriel Jorge (Université Paris Cité – Histoire des théories linguistiques) a permis de relever des erreurs factuelles dans le classement de certaines pièces. Il a donc été décidé de réaliser des opérations de reclassement du fonds, afin que sa structure corresponde davantage au contexte de production des documents.
Premiers niveaux du plan de classement avant la reprise de l'instrument de recherche de juin 2025 : 1. Cahiers d’étudiant ; 2. Cours et conférences ; 3. Notes de recherches ; 4. « Correspondance ; 5. Travaux de recherche reçus ; 6. Journaux, revues et coupures de presse.
Plan de classement du sous-fonds Gaston Paris après la reprise de l'instrument de recherche en juin 2025 : 1. Jeunesse et formation ; 2. Cours et conférences ; 3. Communications savantes ; 4. Notes de recherches ; 5. Correspondance ; 6. Notes de recherche de tiers ; 7. Gestion de la revue.
En nous appuyant sur l’expertise unique d’Ursula Bähler et Muriel Jorge sur Gaston Paris, complétée par notre expertise du métier, il a été possible d’améliorer de manière conséquente la qualité de l’instrument de recherche existant. La méthodologie a consisté à reprendre les analyses archivistiques article par article. Contraints par le calendrier du chantier de numérisation, nous avons donné la priorité à la révision des articles apparaissant comme incohérents au regard du contexte de production des documents. Le principal enjeu consistait à trouver un juste équilibre entre les pratiques archivistiques et les besoins de la communauté de chercheurs.es, sans céder à une description à la pièce.
À la lumière des dates de production et du contenu thématique de certains documents, il a été possible d’en rassembler certains assez facilement. Le classement du sous-fonds a été remanié afin de reconstituer des ensembles cohérents (ou non incohérents). Toutefois, il ne s’agit pas véritablement d’une reconstitution stricto sensu des séries organiques. Ce sont des ensembles de documents maintenus groupés parce qu’ils résultent d’une même activité, se rapportent à une fonction ou à un même sujet, ou présentent une forme similaire. Lors du classement, les archivistes doivent suivre certains principes dont celui du respect du fonds. Les archives de Gaston Paris ayant été au fil du temps déclassées, remaniées et partiellement mêlées à d’autres fonds de la Bibliothèque Michel Fleury (BMF) de l’École Pratique des Hautes Études, il n’est plus possible aujourd’hui d’en restituer la structure originelle. Cependant, l’expertise d’Ursula Bähler et de Muriel Jorge nous permet de nous en rapprocher et de proposer un compromis cohérent et respectueux de ce contexte. Cela nous permet de nous rapprocher d’un autre grand principe qui est celui de l’importance de la description du contexte. Afin d’éclairer, de documenter certains choix archivistiques auprès des lecteurs.rices, nous avons utilisé le champ « Note de l’archiviste », disponible dans la norme de description internationale archivistique ISAD(G), qui permet de fournir des renseignements qui ne peuvent être donnés dans aucune des autres zones. En particulier, cette zone a été utilisée lorsque des documents n’ont pas été déplacés d’une sous-série organique alors qu’ils auraient pu, de manière légitime, être classés ailleurs. L’objectif est de documenter au mieux les choix que nous avons opérés, afin que les lecteurs.rices intéressé.e.s par le fonds et son histoire puissent comprendre les actions menées par notre groupe de travail.
Nous avons choisi, à dessein, de ne pas reprendre le classement de la correspondance de Gaston Paris. D’une part, cela aurait été extrêmement chronophage, et d’autre part, il n’y avait pas d’incohérence fondamentale dans le classement de la correspondance, si ce n’est une séparation artificielle – et contemporaine – entre correspondance en langue française et correspondance en langue étrangère.
Au cours du travail, la question de la recotation du fonds s’est rapidement posée, car des articles entiers allaient être remodelés, voire supprimés. Cependant, compte tenu du fait que pendant son histoire le fonds a déjà été recoté plusieurs fois, il a été décidé de ne pas recoter le fonds à nouveau afin d’éviter de rajouter une couche de complexité supplémentaire. Le fonds dispose déjà d’un triple système de cotation : les cotes à la pièce données par la BMF, les cotes données par l’EPHE lors du classement et enfin les cotes attribuées lors du dépôt à l’Humathèque.
Pour autant, certaines cotes ont dû être supprimées au cours du processus de reclassement. Ainsi la cote EPHE BMF 4PAR 52bis, qui avait vraisemblablement été créée pour insérer un document après la fin du classement, a été supprimée, puisque le document a été réintégré à un autre endroit du fonds. De la même manière, des sous-identifiants de cotes existaient pour la correspondance, les articles 101-1 à 101-9. Ils ont été supprimés également, car la correspondance tient dans un seul dossier, ils n’apportaient ainsi pas de plus-value au classement et mettaient des obstacles à la communication en salle de lecture (un.e lecteur.rice voulant consulter le dossier de correspondance devait commander 10 cotes au lieu d’une). À noter également que la cote EPHE BMF 4PAR 060 a été laissée vacante lors de la reprise de l’instrument de recherche. Nous avons indiqué cette information en tête de l’instrument de recherche, dans le champ « Mode de classement » et avons laissé l’article dans le corps de l’instrument de recherche. La cote porte comme intitulé « Cote vacante » et est accompagnée dans le champ « Présentation du contenu » de la mention suivante « Cote laissée vacante lors de la reprise de l’instrument de recherche en juin 2025 ». Compte tenu du fait que nous avons choisi de ne pas recoter le fonds, nous avons préféré laisser la mention de cote vacante dans l’instrument de recherche, afin de ne pas laisser penser aux lecteurs.rices que cette cote ait pu être oubliée dans la cotation.
Le sous-fonds Paulin Paris s’organise autour de trois ensembles : les notes de travaux, la correspondance et les articles de presse.
Une dernière partie, associée artificiellement au reste des archives, rassemble les documents relatifs au suivi de la donation, et à la gestion des archives de Gaston et Paulin Paris. Il s’agit notamment de la correspondance autour de l’attribution de la bibliothèque de Gaston Paris à la 4e section de l’EPHE, de ses premiers catalogues, mais aussi des précédents inventaires des archives.